Silent Blocks par Myr Muratet
Avec le texte Sur la pandémie actuelle
par le journaliste scientifique canadien David Cayley
(Français/Anglais).

Graphisme : Marie Pellaton
Traduction vers le français : Pierre-Louis Brunet
Couverture et dos cartonné
16,5x27 cm, 96 pages - Avril 2021
ISBN 978-2-9572072-1-3

PLUS D’INFOS

Au printemps 2020, à Toronto, David Cayley s’interroge sur la pandémie de la Covid-19 et sa gestion par les États occidentaux. S’appuyant sur les travaux du philosophe Ivan Illich, il alerte sur une forme de négation de la mort, laquelle « dissimule tout le reste, à savoir l’expérimentation à grande échelle du contrôle social et de l’obéissance sociale, la légitimation de la téléprésence comme mode de sociabilité et d’enseignement, l’accroissement de la surveillance, la normalisation de la biopolitique et le renforcement des mesures préventives comme fondements de la vie sociale. »

À Paris au printemps de cette même année, avec l’instauration du confinement pour juguler la pandémie, la rue s’est soudainement vidée. Le dispositif sanitaire adossé à un dispositif policier aura permis au pouvoir une montée de régime – sans rencontrer de grande résistance – dans sa politique sécuritaire initiée des années plus tôt avec notamment le plan Vigipirate. Le photographe Myr Muratet a documenté, à sa façon, la ville silencieuse.

Pas évident de vous décrire la maison d’édition Nouveau Palais, alors que nous n’avons que deux livres au compteur.
Nous imaginons une fenêtre sur les êtres et le monde où s'opère une lente destruction. La photographie comme preuve et témoin de cette lutte où s’abîment chacun de nous en cherchant sa dignité et à retrouver les communs.
Imaginez un livre de photographie décrivant un quotidien, traitant un sujet avec un mélange de sérieux documentaire, de mise en contexte et à la fois un certain relâchement.
À coup sûr, il y aurait du texte, pas un lénifiant brossage dans le sens du poil par un professionnel de la profession, mais un écrit qui viendrait ouvrir et documenter le champ des images.
Ce livre photo se rêverait en documentaire de Frederik Wisemann, il aurait tellement voulu être un article de Joseph Mitchell, une œuvre de Gillian Wearing. Se revendiquant comme européen, notre bibliothèque idéale aurait entre autre pièce, le Paris la nuit de Brassaï, le portrait du 20è siècle de Sander, un catalogue de Craigie Horsfield, un ensemble de figures de Céline Van Balen ou Zoltán Jókay.
Nous préparons les nouveaux livres et nous vous ferons signe via la newsletter.



Crédits du site internet
Design : Juliette Duhé et Sébastien Riollier
Programmation : Élie Quintard

Sur la pandémie actuelle d'après le point de vue d'Ivan Illich (extrait)

8 avril 2020

La semaine dernière, j’ai commencé à écrire un texte au sujet de la pandémie qui sévit actuellement, afin d’aborder la question principale qu'elle soulève à mes yeux : le lourd et coûteux effort pour endiguer et limiter les maux causés par le virus est-il l’unique solution qui s’offre à nous ? N’est-ce qu’un exercice logique et inévitable, dicté par la prudence, afin de protéger les plus vulnérables ? Ou bien s’agit-il d’un effort désastreux pour contrôler ce qui est manifestement hors de tout contrôle ? Un effort qui cumule les dégâts provoqués par la maladie à d’autres problèmes, dont les répercussions se poursuivront jusque dans un avenir lointain ? Je me suis vite rendu compte que la plupart de mes hypothèses, qui découlent d'une longue réflexion sur les travaux d'Ivan Illich, sont très éloignées de celles que j'entends. J’en ai déduit qu’avant de pouvoir parler clairement des circonstances actuelles, il me fallait d’abord expliquer la vision d’Ivan Illich, qui a passé sa vie à réfléchir sur la santé, la médecine et la question du bien-être. Je vais donc commencer par présenter de façon succincte l’évolution de la critique qu’Illich fait de la biomédecine, après quoi j’essaierai de répondre aux questions soulevées précédemment.