La Classe Culturelle : Art, Créativité, Urbanisme — Martha Rosler
Petite leçon d’urbanisme mondialisé par Martha Rosler, artiste et reine de l’humour noir toujours prête à écrabouiller la bien-pensance molle des classes bourgeoises. Il me semble opportun pour qui souhaite photographier la ville, de s’instruire par cette « petite » mise en contexte.
Puisque difficile à traduire, ce texte absolument passionnant et foisonnant paraîtra en 6 épisodes.
Partie I : Art et Urbanisme
L’expressionnisme abstrait a exploré le terrain du tableau, tandis que Pollock créait une sorte de plan de désorientation en mettant ses toiles non tendues sur le sol. Cependant, peu d’observateurs, et sans doute encore moins de peintres, se seront aperçus d’une relation entre ces peintures et le foncier, sans parler des flux financiers mondiaux.
Comme de nombreux observateurs l’ont noté, l’espace a modifié le temps, le rendant acteur du capitalisme avancé, global (et post-industriel?)1 La notion de temps en elle-même, sous ce régime économique, a été différenciée, spatialisée et divisée en unités de plus en plus réduites2. Même dans les régimes abstraits, l’espace nécessite du visuel d’une façon ou d’une autre. La connexion entre la perspective de la Renaissance et les enclosures3 de la fin du Moyen Âge en Europe, avec la nouvelle idée de terrain comme un espace du monde réel à négocier, fournissant des points de rencontre pour le commerce, n’a été que tardivement apparente. De façon similaire, le développement de la photographie a été parallèle à la cartographie de l’espace de la Terre et à la division des lieux dans l’intérêt de faire payer l’usage d’un terrain. Depuis longtemps maintenant, art et commerce ne sont pas juste côte à côte, mais ont activement mis en place les règles de l’un et de l’autre, créant et sécurisant mondes et espaces.
Ma tâche ici est d’explorer le positionnement de ce que Richard Florida, évangéliste du business urbain, a vendu sous le nom de « classe créative », et son rôle attribué dans la reconfiguration de l’économie des villes, territoires et sociétés. En poursuivant ce but, je vais questionner plusieurs théories — certaines sont en conflit — de l’urbain et des formes de subjectivité. En repassant le fil de l’histoire des transformations urbaines d’après-guerre, je vais considérer la culture du monde de l’art d’un côté. Et de l’autre, les façons dont la forme de l’expérience et de l’identité sous le régime de l’urbain rendent chimérique la recherche de certains attributs désirables dans les espaces que nous rencontrons ou habitons. Considérer l’hypothèse de la classe créative de Richard Florida, et d’autres, va nous demander dans un premier temps de démêler, puis de réunir, les aspects urbanistiques et culturels de cet argument. Je maintiendrai, comme de nombreux observateurs, que dans n’importe quelle compréhension du capitalisme d’après-guerre, le rôle de la culture est devenu un pivot.
Je débute la discussion avec le philosophe et (parfois) surréaliste français Henri Lefebvre, dont la théorisation de la création et la capitalisation de types d’espaces ont été énormément productives. Lefebvre commence ainsi son livre de 1970, La Révolution Urbaine :
Je vais commencer par l’hypothèse suivante : la Société a été complètement urbanisée. Cette hypothèse implique une définition : une société urbaine est une société qui résulte d’un processus de totale urbanisation. Cette urbanisation est virtuelle aujourd’hui, mais deviendra réelle dans le futur.4
Le livre de Lefebvre aide à entrer dans une version moderne de la géographie politique, influençant Frederic Jameson, David Harvey et Manuel Castells, parmi d’autres écrivains et théoriciens d’importance, tant de la culture que de la ville (Harvey, à son tour, est cité comme influence par Richard Florida). Dans son introduction au livre de Lefebvre, le géographe Neil Smith écrit que Lefebvre « place la ville à l’agenda comme un lieu explicite et une cible de l’organisation politique ».5
Ne succombant ni à l’empirisme ni au positivisme, Lefebvre n’hésite pas à décrire l’urbain comme un état virtuel dont l’agencement total dans les sociétés humaines reste encore dans le domaine du futur. Dans la typologie de Lefebvre, les premières villes étaient politiques, organisées autour d’institutions de gouvernance. La ville politique fut finalement supplantée au Moyen Âge par la ville marchande, organisée autour de la place du marché, puis par la ville industrielle, qui entre finalement sur le chemin d’une zone critique d’absorption totale de l’agricole par l’urbain. Même dans les sociétés agraires moins développées qui ne paraissent pas (encore) être soit industrialisées, soit urbaines, l’agriculture est sujette aux demandes et contraintes de l’industrialisation. En d’autres termes, le paradigme urbain a dépassé et absorbé tous les autres, déterminant les relations sociales et la conduite de la vie quotidienne. (De fait, le concept même de « vie quotidienne » est un produit de l’industrialisme et de la ville.)
Le point de vue de Lefebvre sur la ville contredit l’ordre de Le Corbusier, dont il a dénoncé l’échec à reconnaître la rue comme le lieu d’un désordre vivant, un endroit, selon ses mots, pour jouer et apprendre ; c’est un lieu pour « la fonction informative, la fonction symbolique, la fonction ludique. »6 Lefebvre cite les observations de la chercheuse fondatrice de l’urbain, Jane Jacobs, et il identifie la rue elle-même, avec son agitation et sa vie, comme la seule sécurité contre la violence et la criminalité. Finalement, Lefebvre note — peu après les événements et discours de Mai 68 en France — que la révolution a lieu dans la rue, créant un nouvel ordre à partir du désordre.
La complexité de la vie urbaine apparaît souvent, d’un point de vue gouvernemental, comme un nœud gordien gênant à démêler ou à couper net. Une tâche centrale de la modernité a été l’amélioration et la pacification des villes au cœur de la métropole industrialisée ; les besoins étaient déjà apparents au milieu du 19è siècle, lorsque les premiers exemples se trouvaient à l’épicentre de l’industrialisme, à Londres et à Manchester.7 Le contrôle de ces populations nouvellement urbaines demanda également de leur apporter des moyens de subsistance, ce qui se produisit graduellement au cours des décennies suivantes, et non sans d’importantes luttes et bouleversements. L’industrialisation a aussi fortement augmenté le flux de populations vers les villes, d’ailleurs c’est toujours le cas — même dans les pays pauvres avec des niveaux de revenus très bas par habitant — à tel point que la prédiction de Lefebvre d’une urbanisation totale semble être pour bientôt ; depuis 2005, il y a plus de personnes à vivre dans les villes que dans les campagnes.8
Dans les économies aux industries avancées, la planification urbaine du 20è siècle n’englobait pas seulement l’ingénierie de nouveaux modes de transport, mais aussi la création de nouveaux quartiers avec des logements améliorés pour les classes pauvres et laborieuses. Pendant quelques décennies seulement, le futur semblait à la portée de la modernité. Après la Seconde Guerre mondiale, les villes européennes bombardées ont fourni quelque chose de l’ordre du tableau blanc, pour le plaisir de W.G. Witteveen, un ingénieur civil et architecte de Rotterdam qui exulta devant les possibilités fournies par la quasi-totale destruction de la ville portuaire par les bombardements nazis de mai 1940. Dans de nombreuses villes intactes ou presque intactes des États-Unis et d’Europe de l’Ouest, le renouveau urbain ainsi que la reconstruction d’après-guerre suivirent un plan similaire : se débarrasser de l’ancien et de l’étriqué, diviser ou remplacer les quartiers délabrés par de meilleurs routes et des transports publics.9 Tandis que la production de la petite industrie restait l’épine dorsale de l’économie urbaine, de nombreuses villes invitèrent les secteurs florissants des grandes entreprises et des finances à y établir leurs sièges sociaux, édulcorant leur appel avec des redécoupages urbains et des allégements fiscaux. Des gratte-ciel au style international poussèrent partout dans le monde à mesure que les villes concentraient l’administration étatique et corporative, peu importe qu’elle fût réelle ou symbolique.
Le fondement théorique pour un paysage urbain rénové venait principalement des conceptions « millénaristes » et de l’entre-deux-guerres, qui prévoyaient des plans novateurs, bien que martiaux, pour redessiner l’environnement bâti. Les habitants pauvres des villes n’ont pas manqué de remarquer que les projets de prétendument « renouvellement urbain » ciblaient leurs quartiers et les traditions qui les animaient. Les villes furent reconstruites pour le bénéfice des classes moyennes et supérieures, et la destruction des quartiers anciens — que ce soit dans un intérêt commercial, civil ou autre, comme une meilleure circulation pour les camions ou les automobiles — repoussant les repaires des hors-la-loi et des non-bourgeois, affectant négativement la vie et la culture des résidents les plus pauvres.
On pourrait tracer les bases du groupe européen du milieu du siècle, l’Internationale Situationniste, en reconnaissant le rôle grandissant du visuel — et sa relation à l’espace — dans le capitalisme moderne, et ainsi montrer le rôle complice de l’art dans les systèmes d’exploitation.
Le noyau du groupe français des Situationnistes — élèves un temps de Lefebvre (et, certains diront, collaborateurs aussi bien qu’adversaires occasionnels) — attaqua, comme Lefebvre auparavant, l’esprit de la « Cité radieuse » de Le Corbusier (et, par la même occasion, d’autres utopies modernistes) pour avoir conçu une ville carcérale où les pauvres sont enfermés et poussés dans une utopie étrangement étroite de lumière et d’espace, mais écartés de la vie sociale des rues. (Les projets de logements de Le Corbusier, appelés « Unités d’Habitation », dont le plus connu est à Marseille, étaient élevés au-dessus de leur jardin par des pilotis. Les étages étaient appelés rues, et ces rues étaient dédiées, l’une aux boutiques, l’autre aux crèches et — du moins dans celle que j’ai visitée à Firminy, près de Saint-Étienne — une station de radio basse fréquence était également située dans l’immeuble, tout cela suggérant les conditions d’une ville fortifiée.)
Nous laisserons le style de Monsieur Le Corbusier à lui-même, un style bon pour les usines et les hôpitaux, et bien sûr pour les prisons. (N’a-t-il pas déjà construit des églises ?) Une sorte de répression psychologique domine cet individu — dont le visage est aussi laid que sa conception du monde — à tel point qu’il veut écraser les gens sous d’ignobles masses de béton armé, un matériau noble qui devrait plutôt être utilisé pour permettre une articulation aérienne de l’espace et qui serait capable de surpasser le flamboyant style gothique. Son influence crétine est immense. Une maquette de Le Corbusier est la seule image qui m’amène l’idée d’un suicide immédiat. Il est en train de détruire les dernières traces de la joie. Et de l’amour, de la passion, de la liberté. Ivan Chechglov.10
C’est peut-être l’importance du registre spatial, son accent sur le visuel, mais aussi le virtuel, la représentation, qui expliquent le retour en force de l’architecture dans l’imaginaire des arts. Détrônant non seulement la musique, mais aussi le double spectral de l’architecture : le cinéma. Les changements dans la conduite de la vie quotidienne, et la centralité de la ville dans ces changements, étaient clairs pour les Situationnistes, ainsi que le concept de Debord qu’il nomma « la société du spectacle ». Ce concept est plus large que n’importe quel exemple particulier d’architecture ou d’immobilier, et certainement plus large que des questions de cinéma ou de télévision. Le « spectacle » de Debord désigne la nature globale et dominante de la culture industrielle et postindustrielle. Ainsi, Debord ne définit pas le spectacle seulement en termes de représentation, mais aussi en termes de relations sociales dans le capitalisme et sa capacité à tout ramener à la représentation : « Le spectacle n’est pas une collection d’images ; en fin de compte, il s’agit d’une relation sociale entre les personnes qui est médiatisée par les images. » Si la culture était au premier plan, le sujet principal était, à juste titre, le mode de production dominant.
L’engagement des situationnistes avec la vie urbaine comprenait une pratique qu’ils appelaient la dérive. La dérive est une exploration des quartiers urbains, une version de la tradition au 19è du flâneur, et l’inverse de la promenade bourgeoise sur les boulevards (concernée par la visibilité auprès des autres, alors que le flâneur était dirigé vers sa propre expérience). Elle dépend du flux libre de la vie réelle dans les quartiers, une liberté envers le contrôle bureaucratique ; cette nature dynamique de la vie est aussi détaillée par Lefebvre et Jane Jacobs. Baudelaire et Benjamin ont donné de l’importance au flâneur, et à la fin du 20è siècle, le flâneur était adopté comme une figure privilégiée, bien que mineure, pour les architectes souhaitant ajouter une tonalité piétonne à des projets tels que des centres commerciaux imitant les places publiques — clôturant ainsi le chapitre des espaces non administrés que les Situationnistes tenaient à défendre.
Le monde de l’art occidental a régulièrement redécouvert les situationnistes, lesquels occupent à présent ce qu’un ami a décrit comme une position quasi religieuse, incarnant le vœu le plus cher de chaque aspirant artiste-révolutionnaire — être à la fois à l’avant-garde politique et artistique. La présence fantomatique des situationnistes, dont Debord, Asger Jorn, Raoul Vaneigem et Constant, a bien entendu pris place au moment où l’idée même de l’avant-garde artistique disparaissait. Le dilemme difficile qu’ils posent est de savoir comment combattre le pouvoir de la « culture du spectacle » sous un régime de capitalisme avancé sans suivre leur décision d’abandonner le terrain de l’art (comme Duchamp l’a fait plus tôt). Pour répondre à cette question, contexte et histoire sont nécessaires. Continuons avec les événements des années 1960, dans le moment situationniste — caractérisé par une hausse des attentes économiques pour la génération née après-guerre en Occident et au-delà, mais aussi par des émeutes et révoltes, tant internes qu’externes.
Dans les années 1960, la désindustrialisation était l’horizon de nombreuses villes aux États-Unis et ailleurs, puisque la circulation de capitaux manufacturés venus de zones non syndiquées et à l’étranger prenait de l’ampleur, souvent encouragée par la politique de l’État. Dans une époque de déclin pour les centres-villes, avec l’aide des entreprises et de l’étalement urbain, mais aussi à cause du départ des classes moyennes (blanches), une nouvelle transformation était nécessaire. Les quartiers délabrés des centres-villes devinrent le cheval de bataille des conseils municipaux, cherchant à les raviver tout en retirant les services qui y étaient encore fournis aux résidents pauvres, idéalement sans créer de désordre. À Paris, déchirée par les troubles de la Guerre d’Algérie, la solution choisie passa par de la pacification via la mobilisation de la police et l’évacuation des résidents pauvres vers une nouvelle couronne de banlieue, extérieure à la ville, s’attelant à l’utopie des quartiers de tours pour parvenir au bannissement, voulu après-guerre, des pauvres et des classes dangereuses. En 1967, l’absence de viabilité économique de ces banlieues, et le stress particulier qu’elles mettaient sur les femmes au foyer, furent largement reconnus en devenant le sujet du film brillant « Deux ou trois choses que je sais d’elle » de Jean-Luc Godard.
De même, dans d’autres pays, la capacité des « projets d’habitation » ou des « logements sociaux » à améliorer le quotidien des classes pauvres fut de plus en plus critiquée, et c’est une volonté néolibérale de dire que de pareils projets ne peuvent pas aboutir — une prophétie accomplie par des politiques raciales cachées qui permettent l’implantation de ces projets et la sélection des résidents, suivie, par les villes qui souhaitent les démolir, d’un sous-financement constant de la maintenance et des services. En Grande-Bretagne, la solution Thatchérienne était de vendre des appartements aux résidents, avec pour objectif de rendre les pauvres acteurs de leurs logements, avec des résultats encore à déterminer (bien que le piège semble évident). Avec l’échec de nombreuses initiatives de politiques publiques après-guerre pour la planification urbaine des quartiers pauvres, on a un exemple clé de la doctrine urbaine libérale. L’architecture postmoderne s’est montrée disposée à abandonner l’humanisme suite à la ruine des grandes prétentions du modernisme utopique. Aux États-Unis, Charles Jacks est connu pour avoir identifié comme « le moment du postmodernisme » l’implosion en 1972 — dans une déconcertante chorégraphie souvent rejouée aujourd’hui — des logements sociaux Pruitt-Igoe, un complexe moderniste de 33 immeubles à St-Louis, Missouri. Prutt-Igoe, commandité en 1950 à une époque d’optimisme d’après-guerre, avait construit pour loger ceux qui avaient emménagé dans la ville pour du travail en lien avec la guerre— essentiellement des Afro-américains prolétaires venant du Sud rural.
L’abandon du paradigme, largement répandu au vingtième siècle, du logement social financé par l’État et les municipalités, s’inscrit logiquement dans le retrait de l’utopie des récits postmodernistes. Après quoi, la destruction ou la revente des logements sociaux ont été adoptées avec enthousiasme par de nombreuses villes américaines, telles que Newark, New Jersey, fournissant joyeusement un spectacle médiatique d’éviction et de déplacement de population— mais cela n’a pas encore atteint la ville où je vis, New York, puisque, dès le départ, en termes de politique publique, les logements sociaux de New York n’ont jamais occupé le centre de la ville. Dans la Nouvelle-Orléans post-Katrina, ce moment Schumpétérien11 de destruction créatrice a permis la fermeture pure et simple du complexe de logements sociaux Laffitte, en grande partie intacte et composé de 1200 logements dans le quartier du Lower Ninth Ward (les immeubles furent démolis sans tambour ni trompette en 2008).
Martha Rosler
1. Voir, par exemple, Henri Lefebvre, La production de l’espace (Economica 2000). Voir aussi Georg Lukács, Histoire et conscience de classe : essais de dialectique marxiste (Minuit 1960). Lukács interprète Marx sur le développement du travail abstrait sous le capitalisme, il écrit que « le temps a perdu sa nature qualitative, variable, flottante ; il se transforme en un continuum précisément délimité et quantifié avec des « objets » quantifiables… En gros, il devient de l’espace. »
2. Une discussion plus complète devrait prendre en compte le fait que le continuum espace-temps privilégie l’une ou l’autre dimension. Et se demander comment l’importance de chacune change en fonction des régimes économiques.
3. Désigne le mouvement qui a privatisé les communs agricoles en Angleterre au XVIème siècle au profit de grands propriétaires. (N.d.T.)
4. Henri Lefebvre, La Révolution urbaine (Gallimard, 1970)
5. Ibid
6. Ibid
7. Considérons ces besoins de base comme la gestion des crimes violents, de la prostitution, de l’assainissement et des maladies.
8. Voir Mike Davis, « Planète bidonvilles » (Ab Irato 2005) « Aujourd’hui, la population urbaine (3,2 milliards) est plus importante que le total de la population du monde en 1960. Tandis que la population rurale a atteint son maximum (3,2 milliards) et va commencer à se réduire en 2020. Avec pour résultat que les villes compteront pour l’augmentation future de la démographie mondiale, laquelle devrait atteindre un pic de 10 milliards en 2050. » Parallèlement, la pauvreté urbaine est aussi dans une augmentation plus rapide que la pauvreté rurale.
9. Je ne parlerais pas ici de la reconstruction des villes et des campagnes qui ont servi — principalement ou de façon secondaire — des fonctions policières ou militaires. Soit à un niveau local, avec la reconfiguration de Paris au milieu du 19è siècle par le Baron Haussmann, soit de façon plus ambitieuse à un niveau national, comme la construction, sous la présidence d’Eisenhower, d’un système d’autoroutes aux États-Unis dans la période de la Guerre Froide.
10. Ivan Chtcheglov, « Écrits retrouvés » (Allia, 2006)
11. Relatif à la théorie économique développée par Joseph Schumpeter, caractérisée principalement par le concept de destruction comme moteur du développement économique.(N.d.T.)
Ce texte est initialement paru sur e-flux en 2010, je les remercie d’autoriser les éditions à le traduire ici.
Photo en tête d’article : « Bedford-Stuyvesant » 1995-97 extraite de la série Right of Passage - Martha Rosler (Galerie Nagel Draxler)
Des textes plus anciens de Martha Rosler sont traduits par les PUR sous le titre ("Sur-sous le pavé") dont l'article "Pensées au cœur, autour et au-delà de la photographie documentaire".